Peinture en lettres : les vitrines de La Clap
De la calligraphie à la main à la feuille de cuivre — comment j’ai peint les vitrines et le logo du bar La Clap, à Paris.
La peinture en lettres m’a toujours fascinée. Alors quand le bar La Clap, à Paris, m’a fait confiance pour habiller ses vitrines, j’étais ravie de me lancer dans cette nouvelle aventure. J’avais d’abord dessiné leur logo ; restait la question de savoir comment peindre sur le verre ?
Avec l’équipe, on a discuté de ce qu’il fallait mettre en avant : les prix, pour qu’on les voie de loin, ce que le bar propose (la diffusion des matchs, les soirées jeux), le logo sur la porte d’entrée, et le mot « Fumoir » sur la vitre du fumoir.
Tout commence à la main
Avant le verre, il y a le papier. J’ai fait beaucoup d’essais d’écriture, pour montrer à l’équipe ce qui était possible : les dispositions, les typographies, les bulles « éclatées » qui portent aujourd’hui les prix sur les vitrines. Tout est dessiné à la main, photographié, vectorisé puis imprimé — c’est comme ça que je fabrique les pochoirs.
Du dessin au pochoir
Une fois les tracés choisis, je les vectorise au propre (sous Affinity) : je nettoie, j’arrondis, je replace certaines lettres ou coquilles étant donné que l’écriture initiale est faite à la main. Puis j’imprime en taille réelle, sur plusieurs feuilles que j’assemble.
Peindre à l’envers, sur le verre
Avant toutes choses, il faut impérativement nettoyer la vitre plusieurs fois. Ensuite, une fois le pochoir collé et le talc appliqué, je peins. Au début, je suivais l’ordre des lettres — mauvaise idée : je risquais de repasser sur la peinture encore fraîche. Étant droitière, la bonne méthode est de peindre de gauche à droite, et non d’écrire les mots, qui sont à l’envers, de droite à gauche.
Le cuivre, la signature du lieu
L’univers de La Clap, c’est le cuivre. J’ai donc proposé d’aller plus loin et de dorer le lettrage. Je souhaitais utiliser de vraie feuille d’or couleur cuivre mais c’est hors de prix et peu évident à manier — je suis partie sur la feuille de cuivre, superbe et bien plus docile. Mes premières poses n’étaient pas parfaites ; avec la pratique, j’ai compris qu’il faut poser la feuille bien à plat et bord à bord, pour que les raccords finissent par disparaître. Il faut à la fin bien vernir le cuivre pour éviter qu’il s’oxyde.
Le logo, et le fumoir
Le plus beau défi, c’était le logo — bien moins évident que les lettres, et c’est celui dont je suis la plus fière. Je l’ai tracé puis peint entièrement à la main sur la vitre, avant de le rehausser au cuivre.
Pour le fumoir, il a d’abord fallu trouver le mot « Fumoir » à la main — avec ses volutes et son petit nuage de fumée.
C’est un projet dont je suis vraiment fière. J’ai adoré chaque étape et j’espère avoir la chance de refaire ce genre de vitrines très bientôt.
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